Comment savoir si on a une carence en iode ?
Le biomarqueur de référence est l'iodurie urinaire de 24 heures. La norme OMS chez l'adulte est de 100 à 200 µg/L. En dessous, le statut iodé est considéré comme insuffisant. Une TSH élevée associée à une T4 libre basse oriente vers un déficit fonctionnel. Les signes cliniques (fatigue, frilosité, prise de poids, chute de cheveux) sont tardifs et peu spécifiques.
Quel est l'aliment le plus riche en iode ?
Les algues marines arrivent largement en tête : kombu (jusqu'à 8 mg/g sec), kelp, wakame, nori. Ensuite les poissons de mer (cabillaud, églefin, lieu noir) avec 100 à 300 µg pour 100 g, les fruits de mer, le sel iodé (15 µg par gramme), les produits laitiers et les œufs. Une portion de cabillaud apporte déjà l'apport journalier recommandé.
Quand prendre de l'iode ?
À tout moment de la journée, avec ou sans repas. La biodisponibilité est de 100 % sous forme iodure de potassium, sans contrainte particulière de timing. La régularité de la prise compte plus que l'heure. La forme liquide permet une modulation de dose goutte par goutte, utile pour démarrer progressivement ou ajuster selon le profil.
Est-ce que l'iode est dangereux ?
Non aux doses nutritionnelles validées EFSA (150 µg/j chez l'adulte). Le danger apparaît au-delà de la limite haute de 600 µg/j ou chez les profils thyroïdiens à risque : hyperthyroïdie active, Hashimoto en poussée, nodules autonomes, traitement par amiodarone. L'iodisme (goût métallique, salivation, acné iodée) survient au-delà de 1 000 µg/j chronique.
Quel iode faut-il prendre ?
Iodure de potassium (KI) ou iode marin titré et tracé à partir d'algues, avec dosage stable en microgrammes par dose. Éviter le Lugol et l'iode moléculaire I₂ pur (formes pharmacologiques, doses 40 à 80 fois supérieures à l'apport nutritionnel). La forme liquide ionique permet l'ajustement fin de la dose.
Iode et grossesse : quelles précautions ?
Besoin majoré à 200 µg/j selon l'EFSA, à démarrer idéalement 3 mois avant la conception. En France, l'ANSES recommande depuis 2019 que toute supplémentation iodée pendant la grossesse soit encadrée par une prescription médicale. Le déficit iodé sévère au premier trimestre peut affecter le neurodéveloppement fœtal (perte estimée de 8 à 15 points de QI dans les cas extrêmes).
Peut-on prendre de l'iode avec la lévothyroxine ?
Avis endocrinologue obligatoire. L'apport iodé supplémentaire peut modifier l'équilibre thérapeutique sous lévothyroxine (Lévothyrox), avec risque de déséquilibre de la TSH. Si la supplémentation est validée par le médecin, surveillance TSH à 6 semaines puis tous les 3 à 6 mois. L'iode ne corrige pas une hypothyroïdie déjà sous traitement de substitution.
Iode et thyroïdite de Hashimoto : compatible ?
Strictement déconseillé en phase active. L'apport iodé chez un sujet Hashimoto en poussée peut aggraver la composante auto-immune et précipiter l'hypothyroïdie. En phase quiescente avec TSH stable, la décision relève de l'endocrinologue. Le sélénium est souvent privilégié dans ce contexte pour son rôle protecteur sur la glande thyroïde.