EN BREF

  • Nom courant : harpagophytum ou griffe du diable.
  • Nom botanique : Harpagophytum procumbens.
  • Partie utilisée : principalement les racines secondaires tubérisées.
  • Composés étudiés : notamment les harpagosides.
  • Usage traditionnel connu : soulagement de douleurs articulaires mineures avec certaines préparations de racine.
  • Point de vigilance : les preuves cliniques restent limitées et la plante présente des contre-indications.

L’harpagophytum (Harpagophytum procumbens), également appelé griffe du diable, est une plante originaire d’Afrique australe. Ses racines sont utilisées dans différentes préparations végétales, notamment dans le cadre du confort articulaire.

Sa racine contient des composés caractéristiques, dont les harpagosides. Toutefois, les propriétés étudiées en laboratoire ne suffisent pas à démontrer un bénéfice clinique : les résultats doivent être interprétés en fonction de la préparation utilisée et de la qualité des études disponibles.

Qu’est-ce que l’harpagophytum ?

Une plante originaire d’Afrique australe

L’harpagophytum est une plante herbacée vivace de la famille des Pédaliacées. L’espèce Harpagophytum procumbens pousse naturellement dans les régions arides et semi-arides d’Afrique australe, notamment dans les zones du Kalahari et certaines régions de Namibie.

La plante se développe près du sol. Son usage médicinal repose principalement sur ses parties souterraines, qui sont récoltées et transformées pour obtenir différentes préparations.

Pourquoi l’appelle-t-on « griffe du diable » ?

Ce nom fait référence à l’aspect de son fruit ligneux, muni de prolongements recourbés et épineux évoquant des griffes. Ces appendices peuvent s’accrocher aux animaux ou aux vêtements.

Quelles espèces sont utilisées ?

Deux espèces sont notamment prises en compte dans l’évaluation européenne des préparations médicinales à base de racine d’harpagophytum :

  • Harpagophytum procumbens ;
  • Harpagophytum zeyheri.

Ces espèces présentent des différences botaniques et chimiques. Le nom botanique indiqué sur une préparation constitue donc une information utile pour en comprendre l’origine.

Quelle partie de la plante est utilisée ?

Les préparations médicinales évaluées par l’Agence européenne des médicaments (EMA) utilisent les racines secondaires tubérisées, récoltées puis séchées. Celles-ci peuvent ensuite être découpées, réduites en poudre ou transformées en extraits.

Pourquoi cette distinction est-elle importante ? Une poudre de racine et un extrait concentré peuvent avoir des compositions différentes. Le procédé de transformation influence les constituants présents dans le produit final.

Que contient la racine d’harpagophytum ?

Les harpagosides, des composés caractéristiques

Les harpagosides appartiennent à la famille des iridoïdes glycosylés. Ils comptent parmi les constituants caractéristiques de la racine et font l’objet de recherches sur les propriétés biologiques de la plante.

Leur teneur peut servir à caractériser ou à standardiser certaines préparations. La Pharmacopée européenne, citée dans le rapport d’évaluation de l’EMA, prévoit notamment des teneurs minimales spécifiques pour certaines matières végétales et certains extraits définis dans ses monographies.

À retenir : une teneur élevée en harpagosides ne prouve pas, à elle seule, qu’une préparation sera plus efficace. Les résultats obtenus avec un extrait particulier ne peuvent pas être automatiquement transposés à toutes les poudres et à tous les extraits.

D’autres constituants présents dans la racine

La racine contient également :

  • D’autres iridoïdes, notamment l’harpagide et des dérivés apparentés ;
  • Des composés phénoliques, comme l’actéoside ;
  • D’autres substances végétales, notamment des sucres, des phytostérols, des acides phénoliques et des flavonoïdes.

Cette diversité rappelle que l’harpagophytum est une matière végétale complexe. L’étude d’un constituant isolé ne permet pas nécessairement de prévoir les effets d’une préparation complète.

Pourquoi la composition varie-t-elle d’un produit à l’autre ?

La composition d’une préparation dépend notamment de quatre paramètres :

1. L’espèce botanique

Les deux espèces ne présentent pas exactement le même profil chimique.

2. La partie utilisée

Les différentes parties souterraines peuvent présenter des teneurs différentes.

3. Le procédé

La poudre, l’extrait aqueux et l’extrait hydroalcoolique ne sont pas équivalents.

4. La standardisation

Elle précise une teneur recherchée en certains constituants, sans garantir l’efficacité clinique.

Pour comparer deux produits, il est donc préférable d’examiner leur nom botanique, la partie utilisée, leur forme et les informations de composition disponibles, plutôt que de se fier uniquement au poids annoncé.

Quels sont les usages de l’harpagophytum ?

Un usage traditionnel pour le confort articulaire

L’harpagophytum est principalement connu pour son usage traditionnel dans le soulagement des douleurs articulaires mineures. Certaines préparations de sa racine bénéficient d’une reconnaissance européenne fondée sur un usage traditionnel prolongé.

Cette reconnaissance repose sur l’ancienneté de l’utilisation, sa plausibilité et les données de sécurité disponibles pour les préparations évaluées. Elle ne signifie pas que toutes les formes d’harpagophytum ont démontré leur efficacité lors d’essais cliniques robustes.

Que disent les études scientifiques sur les articulations ?

Des essais cliniques ont étudié différentes préparations chez des adultes souffrant notamment d’arthrose ou de douleurs musculosquelettiques. Certains résultats suggèrent une amélioration de la douleur à court terme.

Les études restent toutefois hétérogènes : elles portent sur des extraits différents, avec des compositions, des doses et des durées de suivi variables. L’EMA considère que les données disponibles ne permettent pas de tirer des conclusions fermes sur l’efficacité clinique.

En pratique : il est plus juste de parler d’un usage traditionnel associé au soulagement des douleurs articulaires mineures que d’affirmer que l’harpagophytum traite l’arthrose ou répare le cartilage.

Et concernant les troubles digestifs et l’appétit ?

Pour certaines préparations de racine, l’EMA reconnaît également un usage traditionnel dans le soulagement de troubles digestifs légers, comme les ballonnements ou les flatulences, ainsi que dans la perte temporaire d’appétit.

Ces usages ne constituent pas une preuve que la plante traite une maladie digestive ou stimule efficacement l’appétit dans toutes les situations. Ils concernent des préparations et des indications traditionnelles précises.

Peut-on parler d’un effet anti-inflammatoire ?

Les harpagosides et d’autres constituants de l’harpagophytum sont étudiés pour leurs propriétés biologiques, notamment dans des modèles expérimentaux. Cependant, une activité observée en laboratoire ne démontre pas qu’une préparation orale produira le même effet chez l’être humain.

Il faut donc distinguer les mécanismes étudiés expérimentalement des bénéfices cliniques démontrés. L’harpagophytum ne doit pas être présenté comme un substitut aux traitements prescrits ni comme un traitement établi des maladies inflammatoires ou dégénératives.

Poudre ou extrait : quelles différences ?

L’harpagophytum est proposé sous plusieurs formes. Leur poids ou leur concentration ne suffit pas à établir une équivalence entre les préparations.

Forme Caractéristiques Point de vigilance
Poudre de racine Racine séchée puis broyée. Le poids indique la quantité de matière végétale, pas une équivalence avec un extrait concentré.
Extrait Certains constituants sont extraits à l’aide d’un solvant. Le solvant et le procédé influencent la composition finale.
Extrait standardisé La teneur d’un ou plusieurs constituants est définie ou recherchée. La standardisation caractérise la préparation, mais ne garantit pas à elle seule son efficacité.

Qu’est-ce que le rapport drogue végétale/extrait (DER) ?

Le DER indique le rapport entre la quantité de matière végétale utilisée et la quantité d’extrait obtenue. Il aide à comprendre le procédé de fabrication, mais ne suffit pas à comparer deux produits si les solvants, les compositions et les autres paramètres diffèrent.

Comment comparer deux produits à base d’harpagophytum ?

Avant de choisir une préparation, vérifiez :

  • le nom botanique et la partie végétale utilisée ;
  • la forme du produit : poudre ou extrait ;
  • les informations disponibles sur le DER, le solvant et la standardisation ;
  • la quantité journalière recommandée et les précautions d’emploi.

La quantité de plante, la teneur en harpagosides et le rapport d’extraction ne sont pas des indicateurs interchangeables. Une préparation plus concentrée n’est pas nécessairement plus efficace ni mieux adaptée à chaque situation.

Précautions d’emploi et contre-indications

L’harpagophytum d’origine végétale n’est pas adapté à tout le monde. Les précautions dépendent de la préparation, de la situation individuelle et des éventuels traitements associés.

Contre-indications et situations nécessitant un avis médical

  • Hypersensibilité à la substance végétale ;
  • ulcère gastrique ou duodénal actif ;
  • calculs biliaires : un avis médical est nécessaire avant toute utilisation ;
  • maladie chronique, prise de médicaments ou association avec d’autres plantes : demandez conseil à un professionnel de santé.

Quels effets indésirables peuvent survenir ?

Des troubles digestifs peuvent apparaître, notamment :

  • douleurs abdominales ;
  • nausées ou vomissements ;
  • diarrhée.

Des réactions d’hypersensibilité peuvent également survenir. En cas de réaction inhabituelle ou persistante, interrompez l’utilisation et demandez conseil à un professionnel de santé.

Combien de temps peut-on utiliser l’harpagophytum ?

La durée d’utilisation dépend de la préparation et de l’indication. Pour les usages traditionnels évalués par l’EMA, un avis médical est recommandé si les douleurs articulaires persistent au-delà de quatre semaines ou si les troubles digestifs persistent au-delà de deux semaines.

Il ne faut pas prolonger l’utilisation pour masquer des symptômes persistants sans en rechercher la cause. Une articulation gonflée, rouge ou chaude, notamment en présence de fièvre, nécessite une évaluation médicale.

Et pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Les données de sécurité étant insuffisantes, l’utilisation de préparations médicinales d’harpagophytum pendant la grossesse ou l’allaitement n’est pas recommandée dans la monographie européenne. Par prudence, demandez conseil à un professionnel de santé avant toute utilisation dans ces situations.

À retenir : l’harpagophytum ne doit pas remplacer un diagnostic ou un traitement médical. Les précautions propres à la préparation et les conseils d’un professionnel de santé doivent primer.

À retenir

  • L’harpagophytum, ou griffe du diable, est une plante d’Afrique australe dont les racines secondaires tubérisées sont utilisées dans certaines préparations.
  • Ses racines contiennent notamment des harpagosides, mais leur présence ne garantit pas à elle seule un bénéfice clinique.
  • Certaines préparations bénéficient d’une reconnaissance européenne fondée sur l’usage traditionnel, notamment pour le soulagement des douleurs articulaires mineures.
  • Les données cliniques restent insuffisantes pour affirmer une efficacité certaine de toutes les formes d’harpagophytum.
  • Les poudres et les extraits ne sont pas directement interchangeables : leur composition, leur concentration et leurs précautions d’emploi doivent être prises en compte.

Pour aller plus loin

Pour approfondir les notions liées aux plantes, aux composés végétaux et au confort articulaire, vous pouvez également consulter :

Produits que nous vous recommandons !

Tous vos questions fréquentes sur "Harpagophytum : définition, propriétés et usages traditionnels"

À quoi sert l’harpagophytum ?

L’harpagophytum est principalement connu pour son usage traditionnel dans le soulagement des douleurs articulaires mineures. Certaines préparations de sa racine sont également reconnues dans le cadre d’usages traditionnels digestifs précis. Ces usages ne signifient pas que l’efficacité clinique est démontrée pour toutes les préparations.

Quelle est la différence entre harpagophytum et griffe du diable ?

Il s’agit de deux noms désignant la même plante médicinale dans l’usage courant. Le terme « griffe du diable » fait référence à l’aspect épineux et recourbé de son fruit. Les préparations médicinales évaluées en Europe concernent notamment Harpagophytum procumbens et Harpagophytum zeyheri.

Les harpagosides sont-ils responsables des effets de l’harpagophytum ?

Les harpagosides sont des composés caractéristiques de la racine et font l’objet de recherches sur les propriétés de la plante. Toutefois, la présence ou la concentration de ces molécules ne suffit pas à prouver l’efficacité d’un produit chez l’être humain.

L’harpagophytum est-il contre-indiqué dans certaines situations ?

Les préparations médicinales évaluées par l’Agence européenne des médicaments sont notamment contre-indiquées en cas d’ulcère gastrique ou duodénal actif et d’hypersensibilité à la plante. En cas de calculs biliaires, de traitement médicamenteux ou de maladie chronique, un avis médical est recommandé avant utilisation.

Peut-on prendre de l’harpagophytum pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Les données de sécurité étant insuffisantes, l’utilisation des préparations médicinales d’harpagophytum pendant la grossesse ou l’allaitement n’est pas recommandée dans la monographie européenne. Il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé.

Références scientifiques

  1. European Medicines Agency (EMA). Harpagophyti radix — herbal medicinal product. Présentation des usages traditionnels, des données cliniques et des risques. Consulter la monographie européenne.
  2. European Medicines Agency (EMA). European Union herbal monograph on Harpagophytum procumbens DC. and/or Harpagophytum zeyheri Decne., radix. Monographie européenne détaillée, adoptée en 2016. Consulter le PDF.
  3. Gagnier JJ et al. Harpagophytum procumbens for osteoarthritis and low back pain: a systematic review. BMC Complementary and Alternative Medicine. 2004;4:13. Consulter l’article.
  4. Cochrane. Herbal medicine for low-back pain. Revue des données disponibles sur les traitements à base de plantes pour les douleurs lombaires. Consulter la synthèse.
  5. Royal Botanic Gardens, Kew. Plants of the World Online. Référence botanique pour vérifier la nomenclature et la répartition de l’espèce. Consulter la base botanique